Je vous écris de Bloemfontein, au KM 1.500 de mon trip


D’abord le courrier des lecteurs…

Cher ERicW, j’ai une admiration profonde et très réelle pour votre travail. Je n’arriverai jamais à la moitié de la hauteur de vos chevilles. Pour vous confirmer ma totale dévotion, j’ai fait des recherches sur la pondaison (de crémaillère) des autruches car vous laissiez ce sujet ouvert lors de votre dernier (et excellent) article. Vous ne m’en voudrez pas, je l’espère, sur mon jeu de mot, ponte de crémaillère ne passait pas. J’aimerais vraiment attirer votre attention sur mon humble personne, solitaire mais désireuse d’oublier un passé douloureux dans les bras puissants … etc etc etc

Pour en revenir aux autruches, la ponte démarre en avril et se termine en septembre. Une autruche peut se reproduire pendant 40 ans et un œuf est pondu environ tous les trois jours, soit en moyenne trente à soixante œufs par saison. De sacrées omelettes en perspective donc.

@deloisir


Chère @deloisir, tu ne m’en voudras pas d’avoir coupé ton message, les propos personnels n’intéressant pas les autres lecteurs. Je te remercie pour le vif intérêt que tu me portes. Mais il te faudra le partager avec nombre de mes lectrices. Je profite de ton courrier pour les remercier toutes. Effectivement, la tâche te sera vraiment ardue pour accéder au niveau de la moitié de mes chevilles. Il te faudra beaucoup de travail, une abnégation de tout instant, un certain nombre de neurones en plus, je dirais même un nombre certain, de la chance et quelques malentendus. Je te remercie néanmoins d’avoir éclairci le point de la ponte des autruches. Il est essentiel d’être exhaustif dans mes chroniques, je l’avoue. Sache qu’il y a plusieurs espèces d’autruches en Afrique du Sud sans doute pas autant d’espèces de poules, et que l’autruche est un oiseau.

En cadeau à toutes mes admiratrices, voici une recette de l’omelette d’œufs d’autruche :

Tu te débrouilles pour trouver une autruche femelle bien grasse. Faut-il le rappeler, seules les femelles pondent. Tu l’appelles par son petit nom, normalement elle vient, et tu lui demandes poliment mais avec fermeté de bien vouloir te pondre un œuf sans le casser. Attention, la coquille est épaisse, deux à trois millimètres. Tu pourras garder la coquille pour la décorer et l’offrir à la fête des mères, si ta maman est encore de ce monde bien sûr. Sinon une tante peut faire l’affaire ou une bonne amie, ou amoureuse (qui sait, nous ne sommes pas sectaires n’est-ce pas ?), en tout cas quelqu’un qui n’a pas très bon goût en matière de décoration. Tu fais un trou avec une perceuse ou une scie sauteuse. Quand le trou est fait, tu glisses une paille et tu souffles à l’intérieur. C’est bien si tu t’es lavée les dents auparavant. Remarque bien que si tu as une haleine de chacal, on pourra croire que l’omelette est truffée. En soufflant à l’intérieur de la coquille, le blanc et le jaune sont expulsés à l’extérieur par l’afflux d’air. Tu fais bien cela au-dessus d’un saladier évidemment, parce que si tout tombe par terre, c’est dommage pour l’omelette et l’hygiène, je préfère le rappeler. Tu bats l’œuf bien fort. Tu assaisonnes avec du sel de Gironde, du piment de Madagascar, du pili pili des Indes, de la wasafine d’Oslo et du persil frais de ton jardin. Pendant ce temps, tu fais chauffer ta poêle avec une bonne huile d’olives vertes de l’île de Kos et tu fais cuire comme pour une omelette d’œufs de poules fermières ou de batterie (c’est le même principe). Je recommande une cuisson d’omelette baveuse (comme toi quand tu m’écris, ça t’aidera à t’en rappeler). Tu vois c’est très simple et tu raviras tes futurs amis, puisqu’a priori tu n’en as pas dans ta vie actuelle.


A ce propos, je viens de me laisser tenter par un filet d’autruche ce soir. La cuisson était parfaite. La viande d’autruche est une viande rouge. La tendreté du filet (on ne parle pas de tendresse en matière alimentaire !) valait les meilleurs morceaux et élevages de bœuf. Une sauce au poivre tout à fait digne et une simple purée de pomme de terre maison. Il ne fallait pas plus compliqué pour que ce soit savoureux.

Cher ERicW, j’attends chacune de vos chroniques avec impatience comme si le reste de ma vie n’était que néant. Cela fait bien rire ma voisine, mais je sais que c’est pareil pour elle, bien qu’elle refuse de l’avouer. Je suis confuse de m’ajouter au nombre de vos admiratrices, vous ne devez plus savoir où donner de la tête. Dans votre dernier article, vous parlez beaucoup d’animaux sauvages, notamment de baleines. Avez-vous vu des baleines ?

Doremifacilaatrapé


Chère Dorémifacilaatrapé (quel pseudo tarte tu l’admettras), alors en voilà une inattentive, mais je ne t’en veux pas, tout le monde ne peut pas être cartésien et concentré comme je le suis. Tu ne comprends pas le mot cartésien ? Ce n’est pas grave puisque tu ne l’es pas… Ne m’en veux pas, j’ai l’esprit taquin en ce moment, et, comme on dit, quand taquin, t’en aura deux plus tard. Question de patience. Alors oui, des baleines, j’en ai déjà vu. On pousse des « Ahhhhhh » quand elles replongent avec grâce et qu’on en voit le bout de la queue. C’était aux Açores je crois bien. Ailleurs aussi, mais je ne sais plus où. J’ai tellement voyagé dans tellement de pays. Mais comme je l’ai écrit dans l’article que tu viens de lire, il y a une saison pour les baleines en Afrique du Sud. Cela va du mois de mars au mois d’octobre ou de novembre. Et donc, Dorémifacilaatrapé (vraiment change ce pseudo à la c…), nous sommes en janvier. Janvier se trouve-t-il entre mars et novembre ? Je te laisse réfléchir à ce problème. Si tu ne trouve pas la solution par toi-même, n’hésite pas à réécrire au Courrier des lecteurs – Boîte Postale Bèrdeumonaco 😊

Cher ERicW, je suis un de vos fans de la première heure. Je crois bien qu’il était 5 heures du matin. Vous me direz que ce n’est pas tout à fait la première heure, mais comme la plupart des gens ne sont pas encore réveillés à cinq heures du matin, on peut considérer qu’on est parmi les premiers à cinq heures. Bref, je lis qu’après avoir longtemps longé la côte, vous remontez dans les terres. Irez-vous jusqu’à Johannesburg ?

Aristide Brillant (c’est un pseudo naturellement !)


Sacré Aristide, ta remarque est tout à fait brillante, heu heu… Il y a une chose dont je suis sûr est que je n’irai pas à Johannesburg. Je n’irai pas à Vesoul non plus, ni à Paris, d’ailleurs j’ai horreur de tous ces flonflons, de la valse musette et de l’accordéon… Mais je m’égare. Où irai-je alors ? Je formalise mon circuit presqu’au jour le jour en fonction de plusieurs éléments, comme l’état des routes, la météo prévisionnelle, le temps qu’il me reste, les rencontres et discussions avec d’autres voyageurs... L’âge du capitaine est donc exclu de toute considération. Il me trotte dans la tête des envies de tutoyer le Lesotho. Du genre, « Bonjour Lesotho, comment vas-tu ? » Un peu comme si on se connaissait depuis toujours, tu vois, le Lesotho et moi. Et d’ailleurs, Lesotho, les autos, peut-être que ça dépendra de mon auto, si elle veut bien grimper jusque-là. Le mieux est donc que tu continues à suivre mes chroniques. Il y aura certainement des surprises que je n’imagine moi-même pas encore.

On va laisser le courrier des lecteurs pour un temps, d’accord ? Google Map me donne trois chemins pour aller vers Graaf Reinet. Plouf plouf, ça sera toi… A la sortie de Prince Albert, me voici tout de suite embarqué sur une piste non asphaltée. Pas mauvaise, mais piste quand même, assez large. Rien à droite, rien à gauche, pas un humain, une ferme fantôme de temps en temps. Ambiance aride. Manquerait plus que je crève, mais bon, ça me plaît bien, même si je n’ai pas le véhicule adapté. Un gros 4X4 que je n’avais pas vu venir, me double et envoie une épaisse couche de poussière dans l’atmosphère (et mon habitacle). Je suis obligé de m’arrêter quelques minutes, histoire d’y voir plus clair. Avant Beaufort West, j’attrape la N1, grande route (1X1 voie quand même) où on peut rouler vite (120 km/h), ce dont je me fiche éperdument puisque je peux faire du 100 maxi. Ma voiture n’est vraiment pas adaptée à l’Afrique du Sud, peut-être juste pour aller faire les courses en ville et se garer facilement. Défilé de gros camions. A chaque doublement avec mon char à bœufs, je risque ma vie. A Beaufort West, après mon capuccino qui est ma seule routine dans ce voyage, j’emprunte une autre nationale. 150 kilomètres en ligne droite, quelques courbes tellement larges qu’on ne s’aperçoit pas que ce sont des courbes. C’est tout plat. A droite et à gauche, la végétation est maigrichonne et brûlée par le soleil. De temps en temps un arbre solitaire qui a perdu sa famille. Ils pourraient mettre quelques troupeaux de zèbres ou de gnous, ça égayerait un peu. Comme ai-je fait pour ne pas m’endormir ? Voilà encore un grand mystère à élucider. Ce pays est bourré de longues lignes droites, et moi, les longues lignes droites, ça m’ennuie. Je traverse Aberdeen, nième ville sans intérêt. Quand tu nais là, tu ne peux mourir que là. Ailleurs c’est trop loin. Mais entre le début et la fin, tu fais quoi ? Je dois absolument sortir de mes cadres de référence ! Pourquoi les gens ne seraient-ils pas heureux dans leur trou sauvage ?

Enfin voilà Graaff Reinet, petit joyau aéré, protégé par des petites montagnes, ville verte et ça fait du bien. Une retenue d’eau créé un grand lac qui approvisionne la ville en eau. Les fondateurs de la ville ont trouvé qu’accoler le nom d’un gouverneur à celui de sa fiancée ferait un joli nom de ville. Monsieur Otto Graaff et Madame Pomme Reinet ont une ville… Il se serait appelé Monsieur Truc (ou Machin) et elle aurait été Mademoiselle Bidule (ou Chose), imaginez la grosse poilade. Ou Mademoiselle Mercédès avec Monsieur Royce…Les avenues sont larges et les bâtiments d’origine afrikaner sont blancs et remarquablement conservés. Un petit musée de peintres sud-africains des années 50-60, installé dans une ancienne église promise à la destruction et à son remplacement par une station-service (!) fait du bien. Rien ne m’accroche le regard, mais la fraîcheur y est bienvenue. Dehors, la canicule s’installe. On me dit 39°C. Autre petit musée, mais de plein air, à Nieu Bethesda, bourgade totalement perdue au fin fond du Karoo, à une heure de route de Graaff Reinet. Cela s’appelle l’Owl House et cela représente les élucubrations d’une artiste, Helen Martins, personnages et animaux fantastiques et déconcertants en ciment et en verre. Apprendre que l’artiste a mis fin à ses jours ne surprend pas ! Mais cette expo vaut le détour. Tiens, puisque nous parlons de détour. Pour y aller, Google Maps choisit un chemin plutôt qu’un autre sous prétexte que l’autre est coupé en son milieu. Je fais confiance. Je ne devrais pas. Pendant 30 kms, je suis une piste vraiment mauvaise, solitaire, ou la tôle ondulée est de mise. J’arrive fourbu. Et j’apprends que la route habituelle, correctement asphaltée, dans un décor digne de Monument Valley, n’a jamais été coupée… Merci Google Maps !

Information importante : Comme Gandhi en Inde, Nelson Mandela est sur tous les billets an AFS.

 

L’histoire (raccourcie) de l’AFS en dates :

Avant l’arrivée des européens, il y a eu les dinosaures, et puis les Khoi khoi et les San, devenus les khoisan, établis depuis des millénaires, les bantous venus du nord, les zoulous à l’est, etc.

1652 : arrivée au Cap de hollandais qui fondent un comptoir de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales. Ils commencent à s’établir. Ils deviendront les boers, ou afrikaaners. Ils ne se confrontent pas aux autochtones à l’intérieur des terres.

1688 : arrivée de 200 huguenots français, d’où les patronymes De Villiers, ou Du Toit, ou encore Leroux, qu’on trouve encore aujourd’hui. Ils vont s’assimiler aux boers.

1691 : création de la Colonie du Cap

1770 : ce sont les premiers contacts avec les locaux historiques, évidemment conflictuels

1795 : arrivée des britanniques, première puissance maritime mondiale. Ils s’établissent vite, repoussent les afrikaaners, occupent l’AFS qui devient une colonie sous administration britannique.

1835 : les boers quittent la colonie du Cap et s’installent dans les terres pour se soustraire à la tutelle britannique.

1866 : découverte de mines d’or et de diamant. Les britanniques se montrent féroces, ils soumettent les zoulous puis les boers (camps de concentration)

1910 : création de l’Union de l’Afrique du Sud, indépendante de la couronne britannique

1912 : fondation de l’ANC, parti politique revendiquant une plus grande participation des populations noires (ce sera le parti de Mandela)

1934 : naissance de l’idéologie de l’Apartheid (ségrégation en africaans), avec une volonté de séparations géographique, politique et économique des blancs, des noirs et de toutes les ethnies entre elles.

1948 : mise en place effective de la politique d’Apartheid.

1960 : l’AFS est mise aux bans des Nations Unies, à cause de l’Apartheid.

1961-1991 : période de l’Apartheid. L’AFS devient une république et se retire du Commonwealth. Début de la lutte armée de l’ANC.

1964 : Nelson Mandela est condamné à la prison à perpétuité (il sera libéré en 1990).

1976 : émeutes de Soweto, l’état d’urgence est décrété. Le pays est totalement isolé.

1990 : légalisation de l’ANC, du PC et de tous les mouvements noirs.

1991 : abolition des dernières lois de l’Apartheid.

1994 : Mandela est élu président de la république.

Malgré une économie leader en Afrique et un PIB à faire se damner ses voisins, l’AFS n’a pas échappé à la corruption généralisée, aux dissentions aux sein même de l’ANC et est devenu un des pays les plus inégalitaires au monde. D’où une insécurité qui frise la paranoïa lorsque je vois les maisons protégées comme des forteresses, mais que je n’ai encore jamais ressenti personnellement.

Autre excursion toute proche de Graaff Reinet, la Vallée de la Désolation qui se trouve dans le National Park de Camdeboo. J’y vais à 6h30 du matin pour voir le beau soleil pas trop écrasant sur la vallée et sur la ville. Je vois mes premiers babouins, deux koudous, quelques autruches, un écureuil à la queue multicolore qui n’a pas la patience de la pose et une tortue d’une trentaine de centimètres, qui n’a pas la patience non plus pour la pose, mais qui n’a pas les cannes pour s’enfuir à mon approche. Au sommet, c’est sublime mais hy per venteux. Un vent à décorner les gnous. Je fais un court trek et je renonce finalement car vraiment trop près des falaises et je n’ai pas pris ma voile de kite-surf.

Quelques idées de prix :

-         Mon capuccino du matin, 30-40 R (1,50 à 2 €)

-         Une pinte au restaurant : 50 R (2,50 €)

-         Un verre de vin : 50-60 R

-         Un bon repas, plat + boisson : 10-17 € selon le plat choisi. Au restaurant, on donne 10% de pourboire.

-         Un litre d’essence : 20 R (1 €). A mon premier plein, cing gars se sont jetés sur ma voiture pour nettoyer les vitres. En général le pompiste nettoie les vitres et demande s’il faut faire les niveaux et gonfler les pneus (comme dans mon enfance en France). On donne 5-10 R de pourboire selon ce qu’on a en poche.

-         Parking : si c’est dans un endroit « touchy » ou encombré, il y a toujours un gars pour venir se signaler. On donne 5-10 R, en fonction des pièces qui traînent dans les poches.

-         Chambre d’hôtel : jusqu’à présent de 25 à 35 €. J’ai toujours eu des grandes chambres très bien équipées, voire des petits appartements. Pour une fois, il y a une différence appréciable de prix si la chambre est occupée par une personne (moi) ou par un couple. Pour l’instant je n’ai vu aucune clim dans les chambres que j’ai réservées que j’ai regardées. Pour l’instant ça va pour moi, mais ça pourrait gêner s’il continue à faire très chaud. Je ne vois pas qu’il y ait vraiment moins cher, sauf lit en dortoir évidemment.

Mis à part les petits pourboires, tout peut se payer en carte bancaire. Comme vous le savez, en voyage, j’utilise une carte de débit non reliée à mon compte courant, qui me permet de vérifier mon paiement en direct grâce à une alerte de mon smartphone, et de gérer plus ou moins mon budget car seules les dépenses liées au voyage y sont. Si je perdais ma carte, je serais bien embarrassé (paiement, navigation, réservations, heure, etc.)

Comme Gandhi en Inde, tous les billets comportent la figure de Nelson Mandela. Ils sont relativement monochromes et se distinguent donc facilement les uns des autres.

C’est à Phillipolis que j’entre dans l’Etat Libre (Free State), une des neuf provinces de l’AFS, celle qui en fait le cœur, qui coiffe le Lesotho, la seule, avec le Gauteng qui n’a pas d’autre frontière avec un autre pays ou ne borde pas l’océan. Jusqu’à présent, j’ai traversé le Cap Occidental et à peine effleuré le Cap Oriental et la Cap-Nord. L’Etat Libre était un état indépendant fondé par les boers jusqu’à ce que les anglais, après guerres et massacres de civils, même à l’heure du thé, disent que « ça suffit comme ça » au début du XXème siècle, le réintègre à la colonie, puis à l’Union, puis à la république. Dans les parages, il y a une ville tous les 50 kms à peu près re lesquelles quelques fermes isolées subsistent. Pas de station d’essence. Routes droites dans ces espaces immenses de far-west. Sans doute qu’à l’automne, l’aspect serait moins brûlé qu’il n’est en ce moment. A Mittelsburg, étonnamment animée, attroupements à l’africaine, je peine à trouver un coffee shop au calme pour mon capuccino. Je trouve une terrasse dans ce qui doit être une sorte de club pour hommes blancs. A ma gauche, un couple de deux bons (très) gros afrikaaners rougeauds qui masquent leur whisky dans une lampée de coca-cola. Ils rigolent comme des tartes, on n’est encore que le matin. Des chèvres baguenaudent devant la terrasse.

Le saviez-vous ? L’AFS est le premier producteur mondial de mohair (50%), suivie des Etats-Unis (Texas), de l’Argentine et de la Turquie. Etonnant, non ?


A Colesberg, je déjeune d’une salade au restaurant « Bordeaux ». Je me pose à Phillipolis. Je savoure d’avance mon plongeon dans la petite piscine de la guesthouse. Il fait vraiment très très chaud, et sec. Pas de bol, ils sont en train de la repeindre, argh ! Le village me déçoit un peu, écrasé qu’il est par la chaleur, il a une allure fantôme. Je ne vais pas m’attarder. Je peine à trouver un endroit pour dîner. Le Phillipolis Hôtel, sans devanture de restaurant, sert à dîner. Il faut sonner. La maîtresse de maison ouvre la porte et referme à clé. Dans le jardin, que des blancs évidemment. Qui parlent afrikaans entre eux. Ils me paraissent un peu dégénérés. Je les trouve moches lol. En général, je trouve les blancs moches. C’est un peu la réflexion que je me fais dans les pays non européens. Je me glisse bien dans le moule 😉. Je me fais une autre réflexion. Celle de la non mixité des blancs et des noirs. Au restaurant, les blancs mangent avec les blancs et les noirs avec les noirs. Les blancs font leurs courses en famille (de blancs) et les noirs de même. J’ai encore du mal à maîtriser comment va ce pays socialement parlant.

Pour rejoindre Bloemfontein (la fontaine des fleurs), capitale de l’Etat Libre, grande ville au cœur de l’AFS, j’attrape la Nationale 1, grande ligne droite qui rejoint Johannesburg à Cape Town (1.400 kms – 15 heures de voiture non-stop). C’est encore une route à une voie de chaque côté. Les bandes d’arrêt d’urgence sont largement empruntées pour se laisser dépasser. La vitesse est limitée à 120 km/h. Beaucoup de camions. Avec ma voiture de faible puissance, il faut être stratège, et parfois un peu toqué, pour doubler les camions. Je ne double aucune voiture. Bloemfontein est une grande ville aérée, sans intérêt touristique majeur, où il doit faire bon vivre. A condition de ne pas être relégué, comme dans chaque ville, dans un township en banlieue. Là encore, j’ai du mal à comprendre que ça tienne sans contestation ce pays à plusieurs vitesses. Je n’ai pas les conversations nécessaires pour m’éclairer. C’est un voyage très solitaire, sans voyageurs ni touristes à l’horizon, sans interaction avec la population locale. Et la mer me manque...

Etat des excès de vitesse : j’en suis à mon treizième excès de vitesse. Les jours où je n’en ai pas, c’est que je n’ai pas pris la voiture. Je fais pourtant toujours attention. Ma logeuse à Graaff Reinet, m’a dit d’ignorer les messages que je reçois. On verra bien…


Hôtels. Tous réservés sur Booking.com…

Graaff Reinet – 4 Rothman Street B&B – 25€/nuit – grande chambre avec salle de bains privative, frigo – petite piscine bienvenue le soir – accès à pied au centre-ville – je suis bien, je prolonge d’une nuit.

Phillipolis – Anker GH- 24€/nuit – grande chambre un peu sombre donnant sur un patio – le ventilo de plafond est faiblard, j’en fait rajouter un – la piscine est en peinture – la salle de bains comporte une baignoire mais pas de douche, c’est malin !

Bloemfontein – De Akker GH – 25€/nuit – Très belle chambre avec salle de bains attenante, ma première avec la climatisation, j’ai un peu honte de l’apprécier

Dans l’attente de votre retour, j’espère vous transporter