Il y a du sens à visiter Fuerteventura et Lanzarote à la suite. Elles étaient une seule île… il y a des millions d’années. Et puis la mer monta, sans honte, et sépara les territoires. Fuerteventura et Lanzarote, si proches, mais différentes au premier coup d’œil. La même aridité, pas de source d’eau naturelle et très faibles précipitations. De formation volcanique, elles offrent toutes les deux des paysages à couper le souffle. Le vent y est omniprésent, les températures sont douces toute l’année malgré la proximité de l’Afrique. Parfois l’Afrique envoie son sable quand les vents sont favorables. Et caetera. La proche histoire volcanique, les approches humaine, agricole, patrimoniale et touristique sont néanmoins sensiblement différentes, à l’avantage, a priori, de Lanzarote, ce qui ne retire absolument rien de l’intérêt de Fuerteventura. Mais si l’on veut visiter les deux, je conseille de commencer par Fuerteventura pour qu’elle ne paraisse pas fade après Lanzarote.

Deux fois moins grande que sa voisine (850 km², soit deux fois la surface de Paris) et un peu plus peuplée (150.000 habitants et 280 dromadaires, oui oui !), Lanzarote reçoit 2,5 millions de touristes par an sans saison creuse. Selon certaines statistiques, les allemands, les anglais et les espagnols se partageraient la galette par tiers. Peu de place pour les monégasques. D’autres études disent que, malgré la perception que l’on peut avoir de l’emprise allemande comme sur toutes les îles européennes ensoleillées où les tours opérateurs fonctionnent à fond, les anglais seraient vainqueurs aux points. Bref on s’en fiche, on révise nos langues et voilà tout. Reste que sur mes derniers jours à Lanzarote, chevauchant les vacances scolaires, la clientèle a sensiblement changé. Les familles ont relégué les retraités je ne sais où. Et ça parle français, et ça a plein de gamins, les Canaries ont dû profité des annulations aux Antilles… En 1993, l’UNESCO a décrété Lanzarote Réserve naturelle de la biosphère.

Histoire du sauveur de l’île.
L’histoire touristique de Lanzarote, longtemps réputée comme lointaine, désertique, inhospitalière et inaccessible, démarre dans les années 60 avec la première usine de désalinisation. Ça change tout si on peut prendre sa douche matin et soir. Un homme, César Manrique (1919-1992), marque durablement l’avenir de l’île. Architecte et artiste touche-à-tout, parti assurer sa renommée à Madrid et faire la java à Broadway, il revient auréolé (olé) dans son île natale à cette période. Il prend conscience que l’avenir de Lanzarote est inéluctablement lié au tourisme et se montre préoccupé des dégâts immobiliers déjà opérés sur d’autres îles des Canaries, Ténérife par exemple. Il convainc alors les dirigeants du territoire à établir une sorte de cahier des charges pour que la Nature et les habitudes iliennes demeurent au cœur du projet de l’ile et du développement touristique. Pour les bâtiments existants et à venir, respect des allures cubiques des constructions canariennes, tout en blanc, volets verts, deux étages maximum (« un bâtiment ne doit pas être plus haut qu’un palmier ») et c’est encore largement respecté, y compris dans les stations balnéaires. Du coup les villages se ressemblent beaucoup. César peint, César sculpte, met la main à l’ouvrage, organise les circuits pour préserver les espaces naturels, crée des espaces attractifs, dans des bulles volcaniques par exemple. Il meurt accidentellement et a droit à des obsèques officielles.

Histoire d’éruptions.
Deux énormes éruptions répertoriées récentes ont transformé considérablement la physionomie de Lanzarote. La première dura six ans (1730-1736) et cacha de ses cendres le soleil en quasi permanence. Une grosse partie à l’ouest de l’île fut submergée de lave et refaçonnée créant des zones lunaires grandioses (Parc national de Timanfaya aujourd’hui) et particulièrement fertiles (Vallée de la Geria). Une seconde couche eut lieu en 1824. Et puis c’est tout, a priori définitivement d’après les brochures touristiques.
Alors puisqu’on en parle, voici Timanfaya, un des rares sites espagnols ayant accédé au titre de Parc National. A lui seul, le parc capte 1 million de visiteurs par an, ce qui incite à l’organisation stricte de sa visite. Voilà comment ça se passe. La route noire serpente au milieu des champs de lave. Le cordon bitumeux se confond parfaitement à l’environnement. A l’entrée on paye, 12€ par personne (en cash, attention à la monnaie, je dis ça par expérience). Au bout d’un kilomètre, une flopée d’agents anorakés de rouge nous alignent dans un vaste parking. Venir plutôt le matin avant 10h30, après ça blinde. On nous attribue tout de suite un bus prêt à partir. Car la visite se fait (hélas) en bus sur un parcours de route étroite de 14 kms. Les commentaires se font en trois langues, espagnol, anglais et allemand. Au moins on révise ses langues. Le parcours est somptueux, vertigineux. Malheureusement on ne descend jamais. Le bus fait cinq ou six stops le temps de se bousculer pour prendre les photos (depuis l’intérieur du car), pas plus de 20 secondes, il faut être efficace. Ça me fait rager, mais au moins ils ont pris soin de nettoyer les vitres. Un bus tomberait en panne, il bloquerait l’ensemble des visites de la journée. S’il n’y avait qu’un lieu à visiter à Lanzarote, ce serait celui-là.

D’autres (très nombreux) sites remarquables :
La Vallée de la Geria, parallèle au Timanfaya, cette zone bénéficie de la fertilité des sols volcaniques. La terre est donc noir sombre et les paysans ont élaboré des techniques surprenantes pour contrer le vent et retenir l’eau, constructions de murets ou cônes inversés comme des petits cratères dans lesquels sont plantés les vignes. Route des vins, paysage étrange à voir lorsque le soleil décline. On voudrait pouvoir s’arrêter tout le temps, la photo serait forcément meilleure que la précédente. Hélas ce n’est pas toujours possible.
El Golfo et le lac Los Clicos, à proximité du charmant village côtier El Golfo, les touristes affluent pour voir cette étrangeté. En arrière proche de la mer qui fait déferler ses vagues, c’est une sorte de lagon paisible à la couleur verte plus ou moins étincelante selon l’intensité de lumière. Le vert est dû à une certaine algue et il paraît que la salinité est supérieure à celle de la Mer Morte.
Les salines de Janubio, dans le même secteur au sud-ouest de l’île, c’est un beau panorama en aplomb pour ces salines moins productives qu’auparavant (conservation)
Los Hervideros, ou quand la mer se déchaîne jusqu’à creuser des tunnels dans la roche, petit parcours bien fait pour se donner de beaux frissons. Les gens soumis au vertige dégustent.

Teguise, l’exquise
Sans doute l’une des villes les plus anciennes des Canaries, préservées et disposant d’un patrimoine architectural de valeur. C’est le joyau de Lanzarote. J’ai aimé m’y « perdre », prendre mon temps, faire les photos du matin avant le monde. Des boutiques bobo chics se sont installées qui donnent la vie à la cité. Un très joli Museo del Timple dans un superbe palais rénové du 17ème siècle. Les timples sont des toutes petites guitares à cinq cordes typiques des Canaries, genre ukulele. L’exposition est très bien présentée, avec aussi des instruments à cordes du monde entier. C’est l’occasion d’explorer la demeure. Très bon restaurant « la Cantina » dans une belle et ancienne demeure à haut plafond, qui mêle chic et rustique. Je me suis régalé d’un très bon burger à l’effiloché de canard arrosé d’un blanc sec (évidemment) de Lanzarote parfait. Grand marché touristique du dimanche, certainement moins d’ambiance qu’en période pré-pandémie, le vendeur de sacs Yves Saint Laurent et de produits Chanel affirme qu’ils sont authentiques. L’ensemble n’est pas si mal. Bon bref…

Petites villes blanches
Lanzarote est une île particulièrement propre, trop parfois, un papier par terre doit faire la Une de la presse locale. « Vers 10h du matin, un employé chargé de la voirie de la petite ville de X, a trouvé un papier usagé à côté de la poubelle située sur la place de la Concepcion de Jesus. Après un bref moment d’incompréhension, il a retrouvé ses esprits et alerté la Guardia Civil. Cette dernière, que nous avons contactée, nous informe que plusieurs pistes sont à l’étude et qu’aucune d’elles ne sera écartée tant que l’affaire ne sera pas résolue et que la personne qui a commis le délit (on ne sait pas à ce moment de l’enquête s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, voire de plusieurs complices) ne sera pas appréhendée. Nous vous tenons naturellement au courant de l’affaire et n’hésiterons pas à faire un tirage spécial si de nouveaux éléments venaient apporter des éclaircissements à ce comportement inadmissible dans notre communauté ».
Puisque nous en sommes au chapitre de l’hygiène et du bien-être, on se sent parfaitement en sécurité à Lanzarote (comme à Fuerteventura). Pourtant la majorité des maisons affiche l’écusson de Securitas Direct. Soit le lanzarotien est anticipateur de comportements étrangers pouvant s’importer sur son île, soit la sécurité ressentie n’est que de façade, soit le commercial de Securitas chargé du secteur a fait son boulot au-delà des espérances du siège…
Dans toutes ces petites villes, on peut passer à côté, flâner, prendre un café, découvrir une cafeteria ou une bodeguita pour un repas simple du midi, s’arrêter bouquiner ou méditer… Ces fou ce qu’il y a à faire dans ces petites villes où il n’y a a priori rien à faire… Et puis c’est la saison des crèches, chaque ville et chaque église en a fait une plus jolie encore que celle de l’année dernière. Et il y a ces jardins où le gazon est remplacé par le picon, brisure granuleuse de lave, offrant le double avantage de conserver la rosée et le peu d’humidité et d’interdire les mauvaises herbes. On y plante des cactus, fichés comme des pancartes.
San Bartolome, sans prétention, petite cité blanche (euphémisme à Lanzarote) étendue avec un centre soigné autour de son église et son ayuntamiento
Tinajo (Ermita de los dolores), plus étendue et rurale, petite église au centre et, dans les parages, l’ermitage de los Dolores (église) au milieu d’une vaste esplanade dans la campagne. Ah, la douleur dans les îles, vaste sujet…
Yaiza, étendue, elle est à équidistance des destinations du sud, agréable petit centre autour de son église et des bâtiments administratifs et culturels, rien à dire de plus qu’une très agréable sensation de sérénité.
Haria, jolie cité calme qui se donne des airs d’oasis lorsqu’on la surprend depuis le haut, palmiers à foison, environnement microclimatique, on la trouverait presque verdoyante, tranquille et agréable

Beaucoup de musées :
La Casa Museo Jose Saramago. Entrée 8€. Jose Saramago est un écrivain portugais de renommée mondiale (prix Nobel) venu s’établir à Tias dans les années 90. Il y est mort en 2010 et sa maison, qui appartient maintenant à sa fondation éponyme (le siège est à Lisbonne), se visite. Audioguide parfait en français. L’impression que tout est laissé en l’état comme au jour de sa mort, la femme de ménage étant malgré tout passée. Foultitude d’objets, de tableaux, une bibliothèque phénoménale de 15.000 bouquins. Et savoir que le photographe Sebastiano Salgado est venu voir son pote et s’est assis là sur cette chaise, c’est énorme 😊
Le musée ethnographique Tanit. Entrée 6€. A San Bartolome. Un joyeux fourre-tout qui tire vers le magasin de brocante. J’adore. Il y a tellement de choses qu’on ne remarque finalement rien en particulier, juste l’ambiance générale.
La Fondation César Manrique. Entrée 10€. A Tahiche, au-dessus d’Arrecife. C’est par là qu’on peut commencer pour comprendre l’idée qui lie Manrique et Lanzarote. Il s’agit de la demeure sur deux niveaux qu’il a construite à son retour définitif sur l’île, profitant d’une coulée de lave dont il a joué pour en faire un étonnant ensemble habitable de 1.800 m² (pas moins !). Le décor est contemporain des années 70 avec ses couleurs et son kitch. De très nombreuses photos montrent Manrique en hédoniste absolu. Bel hidalgo genre Julio Iglesias, le sourire ravageur, une dentition d’une centaine de dents blanches au-delà du raisonnable, entouré de belles pépés ou d’officiels. Il a dû être l’ami de tout le monde. Pour ma part, ça a un peu cassé le mythe de l’homme, mais il n’en reste pas moins le bénéfice durable qu’il a apporté à son île.
La Casa Lagomar. Entrée 6€. A Nazaret, en contrebas de Treguise. C’est l’histoire d’Omar Sharif, séducteur acteur de renommée mondiale. En 1973, il tombe amoureux de Lanzarote et d’une maison extraordinaire(ment onéreuse) sur les hauteurs de Nazaret. Il achète la maison. On sait qu’Omar est aussi passionné de bridge, il s’y adonne des nuits entières. Pour fêter son achat, il joue au bridge le soir. Ce n’est pas du bridge de mamie, on joue sérieux, c’est la compèt’, on joue de l’argent. Sûr de son fait, Omar met en jeu sa récente acquisition. Il perd la maison dans la partie. Il ne remettra plus les pieds à Lanzarote. Ironie de l’histoire, son vainqueur n’était autre que le vendeur de la maison, il lui avait bien caché qu’il était lui aussi champion de bridge. Mais l’histoire est tenace. Sept propriétaires se sont succédés depuis, mais on parle toujours de la maison d’Omar Sharif (qui n’y a jamais habité). C’est aujourd’hui une casa-museo. La maison est extraordinaire, adossée à la falaise, en partie troglodyte, on accède à différents patios, petite piscine, couloirs souterrains, pour déboucher à l’air libre, avec vue sur volcans ou sur mer au loin.
Le Museo Internacional de Arte Contemporeano (MIAC). Entrée 4€. Là encore, César Manrique a donné l’impulsion et on y voit quelques-uns de ses tableaux. Le musée se trouve dans un fort du 18ème siècle restauré. C’est à mon sens le principal attrait. Aucune des œuvres présentées ne m’a remué les tripes.
A la poursuite de César Manrique
Le Jardin de Cactus, entrée 6,50€, la dernière création dans l’espace du maître. Dans une ancienne carrière reformatée en gradins, exposition à l’air libre de 1.400 variétés de cactus du monde entier. Agréable et que les cactus sont photogéniques !

La Casa Museo de Cesar Manrique, la maison qu’il a créée sur une ancienne ferme et où il a vécu les quatre dernières années de sa vie, laissée dans son jus au jour de sa mort, le ménage en plus, bouteilles d’apéritif entamées, flacon d’Anteus de Chanel dans l’immense salle de bains. J’utilisais Antaeus au siècle dernier, un point commun avec Manrique, le seul sans doute même si on gratte très fort. Grands espaces chaleureux, flopées d’objets et de peintures créés par lui ou ses contemporains. Au fond du jardin son atelier immense où il trouvait le calme. Je me réconcilie avec le personnage.
El Mirador del Rio, entrée 5€, vue extraordinaire sur l’île de Graciosa, César Manrique a créé un édifice qui se fond dans la roche, l’intérieur est blanc comme il se doit, bar panoramique, escalier en colimaçon, sobre, tout en courbes, tout sympa, C’est 5€ tout de même alors qu’on a de beaux panoramas ailleurs.
La Cueva de los Verdes. César a exploité un long tunnel de lave (7 kms) pour en designer les espaces publics et offrir un parcours de visite de 1 km. Impressionnant de se savoir sous lave. C’est parfois très haut et large, parfois il faut se casser en deux pour passer. Visite guidée avec 50 personnes. Tout ce que je n’aime pas, mais pas le choix. Entrée 10€.
Los Jameos del Agua. De l’autre côté de la route. La première « œuvre » de Manrique à Lanzarote (1966). Deux explosions de lave ont créé d’immenses cavités rejointes par un tunnel e 150 mètres situé sous le niveau de la mer qui, par infiltration a donné naissance à un petit lac où nichent une espèce endémique de tout petits crabes blancs albinos et aveugles du fait de l’obscurité. Entrée 10€ un peu cherotte.
3 stations balnéaires où les agences condensent les troupeaux british et schleus en mal de soleil durant l’hiver, pour autant pas forcément désagréables. Au moins pour Playa Blanca au sud face à Fuerteventura d’où arrivent les ferrys. Des kilomètres de petites maisons de plain-pied qui se ressemblent, pas vraiment de plage où il faut pousser à l’est jusqu’aux mignonnes plages de Papagayo (4 à 5 plages de sable blond) situées au bout d’une longue route caillouteuse dans un parc naturel protégé et aride (3€ l’entrée). Comme je n’avais pas oublié mon maillot, je ne suis pas allé sur la plage autorisée aux nudistes.
Costa Teguise. Cité espacée et très arborée de palmiers, entièrement créée pour le tourisme balnéaire. Elle n’est pas désagréable si on ne ressent pas l’incongruité d’être là sans rien voir d’autre de l’île. Malheureusement les plages ne sont pas terribles. J’ai trouvé la petite plage del Jablilo avec barre d’hôtel et grande piscine entourée de chairs avachies sur transats en fond d’écran. Son avantage, être protégée des vagues par une digue de lourdes pierres. Un banc de gros poissons argentés est juste au bord. Sympa pour un plouf malgré tout.
Puerto del Carmen, je n’y suis pas allé et j’ai bien fait…
Petits villages côtiers hors de l’emprise touristique :
Playa Quemada, au bout d’une longue route au sud-est, des hébergements face à la mer pour méditer au capharnaüm des vagues qui s’écrasent sur les gros galets. Deux restaurants de front de mer très bien.
La Santa et Caleta de Famara. C’est d’abord La Santa, charmant village avec son petit port où les bateaux sont remontés en cale sèche. Les surfeurs s’hébergent dans les petites maisons basses. Et plus loin, quand l’environnement s’est transformé en un pré désert de sable et de végétation épineuse et basse, on débouche vers une grande anse aux courants très dangereux, où les surfeurs ont élu domicile. Résultat : plein de bars, restos et boutiques de surf dans une ambiance jeune (moyenne 30 ans). Je fais le parcours avec un argentin pris au bord de la route. Son fils de 18 ans est parti la veille, sans doute retour en France où il habite. Le papa est stressé et craint que la fâcherie soit durable. On parle boutique… Plus loin à Caleta de Famara, c’est l’univers des surfeurs sur une très grande plage plate où on verrait bien quelques chars à voile. On ne se baigne pas, courants très dangereux paraît-il (pas pour les surfeurs ???). En arrière-plan, naissance de petites dunes de sable qui partent à la conquête des montagnes.
Charco del Palo. Je mets dans cette catégorie pour ne pas en créer une autre et pour l’anecdote. Je pars chercher un restaurant de bord de mer, à l’écart de tout. Celui-là a l’air pas mal. Je fais la route environnée de champs de cactus de barbarie. Charco del Palo est en fait un village créé pour les vacances, tout blanc comme les autres, on peut confondre. Sur les commentaires du resto il est écrit « Bonne nouvelle, il y a repas naturiste le jeudi à 19h ». Trop dommage, on n’est pas jeudi 😊 Et je comprends mieux en voyant déboucher d’un peu partout des derrières et des devants, l’air de rien, en goguette, comme ça. Comme je ne trouve pas ça très joli, et je ne serais guère mieux dans cette planète des singes, je vais trouver une chouette cafeteria à Mala.
Orzola, au bout du nord de Lanzarote, village de pêcheurs calme d’où partent les bateaux pour l’île de Graciosa. Il me manquera un jour pour y aller faire son tour et je le regrette vraiment. Orzola est agréable, pas plus que les autres on ne fait la bringue le soir et il faut bien viser l’heure de fermeture des restaurants, ce n’est pas vraiment l’Espagne. La route depuis l’ouest et le mirador del Rio est époustouflante, accumulation de murets recouverts de lichen pâle, pour la culture de cactus essentiellement. La route qui repart vers l’est suit une côte escarpée magnifique elle aussi.
Punta Mujeres. Comme les autres, blanche, assoupie sereine. Quelques piscines naturelles bien agréables.

Hôtels (trouvés sur airbnb)
A Yaiza, Hotelito el Campo (41€ la double), grande chambre nickel avec vue sur volcans et champs, super calme, à 10-15 minutes de tout ce qu’on peut voir dans le sud, Timanfaya, El Golfo, salines, Playa Blanca, situation donc idéale. Arrivée par clé dans boîtier, donc pas de contact, ce qu’il faut pour faire son petit dej dans la chambre, c’est toujours ça de pris. Très bon resto à 1,5 km, la Bodega de Santiago, chevreau rôti à la canarienne et mousse de gofio, un verre de vin blanc sec de Lanzarote aux arômes fumés (la bonne surprise), un peu de tralala et force un peu la note.
A Nazaret, tout près de Teguise, Villa Arzilla (38€ la double), Belle chambre avec balcon donnant sur les volcans, la salle de bains commune est un peu petite mais on excuse. C’est Matt, un italien du lac de Garde qui la manage. Il est venu à Lanzarote il y a 15 ans pour faire du surf et il y est resté. A mon passage, un couple de québécois qui vient faire du vélo aux Canaries pendant deux mois. Ils ont payé leur billet d’avion 1.400€ par personne avec stop à Zürich. Quel périple ! Ils n’en reviennent pas du prix dérisoire de mon billet. Vive l’Europe ! Une suissesse est là, qui sillonne aussi les îles mais s’est attachée à Lanzarote et semble-t-il à Matt qui a l’air de rester simplement poli 😉
A Orzola, El Muelle del Mirador (25€), quiproquo, j’ai réservé du 19 au 20, j’arrive, je fais part de mon arrivée, ok il y a une réservation au nom d’Erik, on m’installe. Chambre simple avec salle de bains commune pas trop top, mais ça me va. Plus tard la femme me dit qu’il y a un problème, il n’y avait pas de réservation pour moi, un autre Erik s’est pointé. Pardon pardon, je montre ma réservation Booking, j’avais par erreur réservé du 19 au 20 février ! Je reste et paye 25€ (au lieu des 30 demandés par Booking, la commission prise par Booking est donc de 20%)
