Je vous écris de Stellenbosch, KM 4.500
Le courrier d’électeur : J’ai eu une drôle de pensée. A mon retour en France, l’invitée principale de ma première écoute d’une matinale radio (je ne dirai pas laquelle pour ne pas lui nuire) était Mathilde Panot. Par quelle association d’idées ai-je pu en arriver là ? On dirait bien que je ne me suis pas encore complètement vidé la tête… Il est grand temps… que je ne rentre pas !
Et j'apprends que Donald Trump (et son compère Elon Musk) offrent l'asile aux afrikaaners qu'on voudrait soi-disant spolier de leurs terres sans compensation en AFS. Mais de quoi je me mêle ?

Depuis Montagu, c’est le monde du vin qui domine, vignobles à l’infini. A Robertson (le fils à Bob), de grands vignobles font portes ouvertes, des cuves immenses comme des silos, ça fait presque peur. Ville étonnante, Franschoek. Fondée par des huguenots français, il y a 300 ans, ils ont apporté leurs vignes. Il paraît qu’on y fête le 14 juillet. Pourtant, il y a 300 ans, le 14 juillet n’était pas dans le calendrier… Il n’y avait pas de 14 en juillet. Il y a un restaurant Mon Amour, une guesthouse Mon Rêve, un domaine Haute Cabrière. Ici, la Petite Provence fait face à la Grande Provence, le Chamonix est un autre restaurant. Je déjeune au French Connection Bistro. Plus loin, un panneau indique la Petite Ferme, un autre, la Petite Colombe, etc. La petite ville est chic et blanche, remplie de restaurants et de galeries dont une s’appelle le Centre du Village. La ville est réputée pour être un haut-lieu de la gastronomie. Nous sommes dimanche, il y a du monde venu de Cape Town, qui n’est qu’à 50 kms. Enfin l’arrivée vers Stellenbosch après une route splendide dans les petites montagnes aux vallées fruitières et vinicoles. Stellenbosch est la capitale du vin sud-africain. C’est surtout une très jolie ville, la plus belle sans doute que j’ai vue. Nous sommes dimanche, et pourtant elle est animée le soir, mélange d’étudiants, d’habitants, de touristes sud-africains et étrangers. Blancs surtout, comme les maisons et bâtiments, désolé de me répéter. Au petit déjeuner, c’est la seule fois où je me retrouve avec des européens, il était temps ! Un couple de suédois retraités et un couple d’allemands de Francfort avec un bébé de sept mois. Tout ce petit monde s’évade de l’hiver européen. Les suédois viennent pour la dixième fois en AFS depuis 2008. Belle régularité. Ils notent de façon flagrante la pauvreté croissante et l’écart qui se creuse dans la société, les noirs de plus en plus rejetés dans les townships. Rien d’étonnant pour eux, 10% de la population (les blancs) détiennent 90% de l’économie. Nous on ne juge pas, chacun protège sa peau comme il peut. Mais tout ce que je voyais et ressentais depuis un mois n’était pas qu’une vue de mon esprit, si étroit paraisse-t-il, ou de mes aprioris d'origine.
A Stellenbosch, où on se croirait parfois dans un vaste béguinage belge ou hollandais, beaucoup de bars, étudiants obligent, et de restaurants, portefeuilles attirent. Les bâtiments sont tout blancs, immaculés, comme si le monde avait été prévenu de mon arrivée. Quelques musées pour passer le temps : le Toy & Miniature Museum pour ceux qui aiment les petites voitures, les poupées et les petits trains, et le Village Museum pour ceux qui aiment les odeurs de cire…

Je termine mon séjour par un arrêt piscine prolongé et un dîner savoureux, sirloin tendre et malva pudding, avec un verre de Sauvignon Blanc (ici on précise toujours Sauvignon blanc, bien que le sauvignon n'ait pas d'autre couleur possible - ne pas confondre avec Gabernet Sauvignon). Un résumé raccourci de mes plaisirs sud-africains. Sur la route qui mène à l’aéroport, un énorme township fait de tôles imbriquées est coincé sur la gauche. On les appelle bidonvilles, slums ou favelas ailleurs. C’est aussi une forêt d’antennes rondes toutes tournées vers le soleil du matin, comme des tournesols. J’y vois une multitude de smileys qui me souhaitent un bon voyage.

Dernier hôtel à 10 kms de Stellenbosch, The Farmhouse Palm Tree Cabin – 32€/nuit, PD compris. Bungalow rustique mais confortable, au relatif calme (route passante) près de la piscine et dans la verdure. Vraiment bien.

ET COTE FINANCES ?
Le voyage m’aura coûté à peu près 3.500 € pour 28 jours sur place (120 €/jour).
TRANSPORTS :
J’ai parcouru environ 4.500 kms avec Bécassine. Elle n’avait pas de grosses capacités mais faisait ce qu’on lui demandait, dans ses limites, une Bécassine quoi ! J’en suis content et nous avons bien cohabité. J’ai reçu une vingtaine d’alertes excès de vitesse. Europcar n'a pas évoqué la question lorsque j'ai rendu la voiture. En revanche, ils ont noté une petite éraflure sur une jante j'ai dû signer. De plus en plus escrocs ces loueurs. Bécassine (location et carburant) a coûté environ 700 €.
L’avion (aller + moitié de la poursuite) a coûté près de 900 €. La tendance n’est pas à la baisse ! Prix du carburant et dollar haut (presque la parité avec l’euro, de mémoire jamais aussi proche de l’euro), n’y sont pas pour rien.
HEBERGEMENTS :
Les hébergements pour plus de 800 €, soit , ont été d’excellente tenue. Moyenne générale de la nuit : 29 €, soit deux à trois fois plus que mes standards habituels dans mes voyages lointains, dans une fourchette très homogène de 24 à 36 €. En 28 nuits, je suis allé dans 18 hôtels différents.
NOURRITURE, SOUVENIRS, VISITES… :
Pour le reste, essentiellement nourriture, c’est environ 1.000 €
Les visites (100 €) sont anecdotiques.
J’ai fait près de 500 photos, c’est plus que calme. J’en ai posté plus de 200 sur Travelmap.
J’ai lu 2 livres d’auteurs sud-africains :
- L’amour et l’oubli d’André Brink, histoires d’amours et de désirs dans un pays où règnent l’apartheid, les trahisons, les exils et la vie quand même
- Disgrâce de John Matthew Coetze, dans l’après apartheid, un pays empli de violence, où les convictions éclatent et les actes sont impuissants…
Pas follement optimistes donc, mais très forts. Parfois on lit peu par crainte que le livre se termine…

Dans l’attente de votre retour, j’espère vous avoir bien transporté en AFS.
A suivre si vous le voulez bien...