La surprise de ce printemps 2022 post élections. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Un peu venu là par hasard. En pointant le doigt sur le catalogue des destinations de Transavia. 5 ou 6 jours européurbains à passer, l’habitude covidienne maintenant. Prix correct, soleil assuré, gastronomie top version tapas et paëlla, mais pas que, la Méditerranée à proximité… Valence est la 3ème ville d’Espagne, celle du peloton de tête qu’on connaît le moins, et pourtant, rien à jalouser à ses rivales… Pour une fois, je décide de ne pas m’alourdir de mon reflex, et je vais bien le regretter. Va pour les photos téléphoniques. Je loge chez Andrea, jeune et jolie, qui partage son temps entre la médecine d’urgence et les consultations en cabinet. C’est dans une zone très calme au-delà de la Turia, à quinze minutes à pieds de la cathédrale. Andrea parle couramment français, on se croise parfois entre ses gardes et c’est intéressant. Mais j’ai trente ans de trop… Adelante !

PLAN DE LA VILLE
Résolument tournée vers la mer sur son est, un front de mer récemment accaparé par les habitants. Immense plage plate glissant dans une mer peu profonde, facilement accessible en tram ou métro depuis le cœur de ville. Je me baigne, elle est bonne. Eviter le weekend, les vacances, jours fériés et fête de la saint Glinglin. Côté nord, la ceinture du rio Turia a été détournée vers le sud, trop d’inondations. A la place de son ancien lit, refroidi, une langue arborée de plusieurs kilomètres, sorte de bois de Boulogne étiré en longueur où l’on vient biker, runner, walker, picniquer ou tout simplement kisser sa belle. A l’intérieur de tout cela est la vieille ville et ses quartiers. Celui qui entoure la cathédrale en son centre, l’hyper centre historique, magnifiques monuments de pierre blonde, les touristes s’agglutinent. Le passage est obligé mais j’aime de moins en moins la foule, la semaine est meilleure. Le barrio del Carmen, à l’ouest est mon préféré, calme, immeubles bas, populaire, le street art est le sport olympique de la zone. Russafa, au sud de la superbe gare du nord (estacion del norte, ferroviaire) et de la cathédrale est très sympa aussi, les bars pullulent, les bobos colorent les immeubles, les jeunes animent les soirées du weekend. Encore plus à l’est, fermant le parc de la Turia, a été créé un espace futuriste particulièrement réussi bien que l’environnement, fait de hauts immeubles neufs n’ait pas le charme du reste de la ville. C’est la Cité des Arts et des Sciences, qu’on pourrait presque comparer au quartier de la Villette à Paris, avec son Palais de la Musique, son musée des Sciences, son musée océanographique, etc. L’un des bâtiments évoque un œil ouvert ou un poisson, c’est selon son humeur. Et puis, à l’extérieur de la Turia, il y a Benimaclet, ex village autonome, ingéré aujourd’hui par la grande ville, petites maisons basses et colorées, la population semble vivre à son rythme, tranquilou mon roudoudou… Même type d’ambiance au barrio del Cabanyal en retrait du quartier maritime.

VILLE DE MUSEES
Je découvre la ville au gré de mes pas, sans trop de programme préconçu, j’ai le temps. Et puis je ne veux pas me bousculer, ni tout voir. C’est fatigant. Et c’est bien aussi d’en laisser de côté, pour peut-être se donner l’envie de revenir, à l’occasion. Deux superbes musées d’art contemporains, dans le barrio del Carmen. L’IVAM (Instituto Valenciano de Arte Moderno) qui présente en exposition permanente une quantité impressionnante de sculptures du cubiste Julio Gonzalez, barcelonais de naissance, mais rapidement parisien jusqu’à la fin de sa vie, contemporain de Picasso des débuts avec lequel il collabore. En exposition temporaire, je découvre Anna Boghiguian, arménienne globetrotter, des dessins furieux bourrés d’annotations sans tendresse sur l’actualité. Autre lieu, le Centro del Carmen, installé dans un ancien et vaste monastère carmélite. Les expositions entourent le cloître gothique. Cette fois-ci, ce sont des performances autour de la pollution et la dégradation climatique. Superbe ! Pas loin se trouve la Casa Museo Jose Benlliure. La famille Benlliure a des plaques de rue, de place et d’édifice en ville. C’est dire si elle a compté. Abondance de peintures de Jose, Pepino et Mariano dans cette maison bourgeoise à l’écart. Le must est l’atelier de l’artiste au fond du jardin fourni : abondance d’objets comme j’aime. Un autre musée est bien original, c’est le Museo l’Iber qui présente des milliers de soldats et figurines de plomb, reconstitutions de champs de bataille, etc. Et il y en a tellement qu’il y en a trop, je ne vois plus rien, je sors. Et puis j’en ai un peu marre des musées, besoin d’air libre, j’en garde sous le coude pour la prochaine fois. La prochaine fois c’est aujourd’hui avec le Museo Nacional de la Ceramica, où une collection d’éventails design attire mon œil. Le Museo Archeoligico Almoina présente en souterrain les vestiges d’une ville romaine dégagée par les fouilles. On circule dans un parcours façon « Ikea » sur des passerelles de verre permettant d’enjamber tout cela. Restent à voir le Museo de Bellas Artes San Pio V, le MUVIM (Museo Valenciano de la Ilustracion et de la Modernidad), le Museo de la Ciudad, plein d’autres encore.

ET LA RELIGION DANS TOUT CA ?
Le passé arabe de Valencia a quasiment disparu, les catholiques ont bouté la racaille infidèle, des églises un peu partout. D’abord la cathédrale (8€ l’entrée, juste pour aller faire sa petite prière, je n’ai pas donné au culte). La visite des églises « normales » est libre et gratuite. Celles qui ont un intérêt patrimonial sont payantes. Ca fait toujours bizarre à nous autres français. Merci à nos ecclésiastes arcboutés sur l’entrée libre des lieux de culte. La montée sur le clocher est ardue (plus de 200 marches à pic) mais elle vaut son panorama. Et il y a l’Iglesia de San Nicola, peinte comme une chapelle Sixtine (comme l’indique la promotion). On me demande si je suis retraité. J’opine et je gagne 1€ sur le ticket. Trop généreuse l’église… Avec le billet de cette dernière, on accède à la Lonja de la Seda (la soie participa à la prospérité de Valence), superbe mais trop de monde et de groupes. Et encore l’Iglesia de San Juan del Hospital, très jolie église gothique primitive flanquée de tableaux. Et aussi l’Almudin qui ressemble à une église d’une seule nef, en réalité ancienne halle à grains, superbe, où sont présentées des expositions temporaires. Pas d’expo lors de mon passage.

LES MARCHES
- Le Mercado Central, un des plus vaste marché couvert d’Europe (8000 m² - début 20ème), halle immense où on entre a jeun et ressort avec les crocs. Envie de tout manger
- Le Mercato de Colon, très belle halle du début du 20ème , mais qui ne fait plus office de marchés. A la place quelques boutiques et surtout des restaurants, dans une ambiance centre commercial
- Le Mercado de Russafa, moins beau que les deux précédents, mais qui regroupe paraît-il ce qui se faitr de mieux en terme gastronomique
- Les marchés de rue enfin, qui amassent les vêtements d’occasion ou tombés de camion ou avec défauts à des prix défiant toute concurrence

VALENCE SE VISITE A PIEDS
Résolument ! Et quand on est fatigué, on peut prendre le métro ou le tram (le quartier maritime et la plage sont à 5 kms du centre de la vieille ville). Des loueurs de vélos en nombre ont pignon sur rue. C’est une bonne option aussi.
ATTENTION ARNAQUE
La Valencia Tourist Card, valable 1 jour, ou 2 ou 3 est une arnaque, surtout si on y inclue le dimanche (transports gratuits et pas mal de musées ou sites gratuits aussi). D’abord Valence se visite aisément à pieds. Et puis les offres de réduction des lieux affiliés est ridicule. Par exemple, l’entrée de la cathédrale de 8€ est ramené royalement à 7,20€ avec la VTC. Toutage de gueule. Amis visiteurs, ne tombez pas comme moi dans le panneau lol.
